Au diable l'inspiration.
#7 Enrager un temps, mais créer quand même.
Bonjour 💌
Bienvenue dans cette édition #7 du Journal de l’agence innée, où nous sommes déjà 355. Une édition un peu spéciale car, au moment où je l’entame, je n’ai RIEN à dire. Et d’ailleurs, tout a sans doute déjà été écrit sur les blocages créatifs… Oui mais MOI, ai-je déjà écrit sur le sujet ? Non. C’est une raison suffisante + ça peut aider quelques lecteurs. Go.

Au programme de cette édition :
1. L’espace mental est un luxe
2. La bibliothèque intérieure
3. Conclusion
4. Muses - #1 Ulay & Marina Abramović
Avant de commencer, vous pouvez aussi :
. Découvrir comment j’accompagne les artistes & les créateurs à professionnaliser leur message et stratégies de communication,
. Me suivre sur Linkedin ou Instagram,
. Et/ou découvrir mon travail photo, qui illustre la totalité de mes publications :)
Allons-y 𓂻
1. L’espace mental est un luxe
Commençons par définir l’inspiration : un mouvement intérieur, une impulsion qui porte à faire ou à conseiller quelque action.
On lit toutes et tous partout que pour être créatif, il faut prendre le temps, avoir des moments de vide. Austin Kleon le dit lui aussi : “Take time to be bored. Creative people need time to just sit around and do nothing.”
Donc visiblement, mon manque d’inspiration récent indique que je n’ai pas pris assez de temps pour m’ennuyer ces dernières semaines. Ok.
Mais ce que personne ne dit, c’est que ce vagabondage mental, si précieux, est largement sacrifié par nos centaines de surcharges cognitives quotidiennes.
Créer demande du vide intérieur, pas seulement du temps libre.
L'espace mental est devenu un nouveau luxe, protégé par des frontières contre les notifications et les demandes constantes. (Pour preuve le développement des retraites en tous genres, concept qui me drague depuis un moment d’ailleurs).
Sans cette oasis mentale, même le temps libre est stérile, parce que beaucoup (beauuuucoup) trop parasité par 1/ le bruit ambiant extérieur et 2/ le bruit intérieur dû à l’overthinking (littéralement le fait de trop penser = surcharge mentale).
2. La bibliothèque intérieure
Une autre façon d’aborder l’inspiration est de considérer qu’elle est un prétexte confortable. Attendre une sorte d’état mystique alors qu’en réalité, la plupart des œuvres naissent d’une répétition de gestes, d’essais et d’extractions.
Julia Cameron parle de Remplir le puit. Patiemment, et grâce à des exercices dédiés, c’est une moisson constante d'images, de mots et d'expériences qui mijote en silence. (Si ça vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de lire son best seller - The Artist's Way.)
Et de là, des connexions surgissent, et les idées qui vont avec.
Quand je suis en peine d’inspiration, je me tourne instinctivement vers mes repères, ceux qui font partie de ma bibliothèque, entre autres :
. un morceau de Richard Ashcroft (toujours le même depuis des années- Check the meaning),
. Alice au pays des Merveilles (saviez-vous que Lewis Caroll était un grand introverti ? bref, je m’égare, ou pas tant que ça).
. les écrits de Virginia Woolf, merveilles et poésie de mots,
…
Les mots des personnes que je rencontre aussi, sont une source infinie d’inspiration pour moi (je note tout précieusement après chaque échange), comme cette semaine lors d’un café avec une artiste américaine et d’un dîner avec mes amies.
3. Conclusion
Pour conclure cette escapade créative, je dirai que les deux forces sont indissociables :
. sans l’oasis intérieure, la moisson de Julia Cameron reste lettre morte sous le poids des surcharges mentales,
. inversement, un puits rempli de repères sans silence pour les laisser mijoter ne donnera rien.
Par contre à l’ère de l’IA générative basée sur des répétitions d’algorithmes, non créative donc, notre créativité est un superpouvoir.
A vous, créatifs qui me lisez, vous avez sans doute beaucoup à dire sur le sujet.
Je termine cette édition avec ceci :
“Dans l’histoire de votre vie, si tout était facile et rapide, ce serait très ennuyeux. Accueillez la difficulté et la déception. Elles feront, un jour, une très belle histoire.” Daniel Arsham.
4. Muses - #1 Ulay & Marina Abramović
Une muse est une personne qui inspire ou conduit une autre personne à se montrer créative.
Tout ce dont on a besoin quand l’inspiration fait défaut.
Alors il faut que je vous raconte ma première rencontre avec Marina Abramović. Musée d’Art Moderne Louisiana, Danemark, 2017.
Je visite la retrospective Marina Abramović – The Cleaner, couvrant plus de 50 ans de carrière de l’artiste, pionnière de la performance. Choc artistique. Peut être même le plus marquant de ma vie. Des vidéos aux images et sons glaçants + une réédition de la performance Imponderabilia obligeant les visiteurs à passer de biais entre deux personnes entièrement nues.
Passé le choc, je n’ai eu qu’une envie, c’était d’en savoir plus sur son oeuvre, dans laquelle j’ai découvert une poésie brute, de l’art avec un grand A.
J’y reviens très souvent, dès que l’inspiration me manque.
Le Journal continue ici
Un clic sur l’image pour découvrir les univers et parcours d’artistes inspirants.
On arrive à la fin de cette édition.
Et cette fois-ci, j’avais envie d’écrire quelque chose de différent dans la conclusion, qui est toujours la même depuis les 6 dernières éditions. Simplement pour ne pas tomber dans une habitude et aussi un peu pour savoir si vous lisez jusqu’au bout. Laissez un ♡ ou un commentaire si c’est le cas ! Et… MERCI ♡♡







Merci pour ce joli et inspirant post, Aurélie.
Je me suis amusée à intervertir deux notions dont tu parles:
Vide intérieur et temps libre.
Et si l'on parlait de vide libre et de temps intérieur ?
Là, ça devient tout de suite plus créatif ! :
Vide libre pour moi évoque tout de suite le vide médian taoïste, ce vide sans qui le yin et le yang ne peuvent communiquer et agir. C'est "l'inter" indispensable de l'interagir. C'est la communication, l'expression, l'émotion...
Le temps intérieur. Rien à voir avec l'horloge. On a tous vécu l'expérience de méditer puis en sortir ahuri en pensant être parti une heure alors que, coup d’œil à la monte, juste 10mn se sont écoulées... Le temps intérieur ne se comptabilise pas, il est indépendant de notre volonté, et c'est tant mieux et magique. Un "mijotage" puissant et précieux.
Alors là, tout de suite, on voit les choses autrement, non ?
Une des me recettes anti-blocage, dans la vie en général : prendre du recul, ne pas hésiter à envisager le plus farfelu, et porter son attention ailleurs. Et aussi, l'esprit (créatif) à souvent besoin que le corps prenne le relais dans la "maturation". Les philosophes sont de grands marcheurs, c'est bien connu. Et surtout je ne cherche pas à comprendre absolument comment ça fonctionne ou pourquoi ça bloque. La confiance est un mot clé. En soi, en son corps. Elle amène calme et joie. Pour ma part, c'est dans la détente que les choses se dénouent. Pas dans la séance de musculation. Mais à chacun(e) son truc..
Mais oui, pas évident tout ça. Je souscris à ce que tu décris, rien n'est fait pour que l'on accède à ces trouées créatives, toute notre société tourne autour d'une activation incessante d'injonctions, de détournement d'attention, de créations artificielles de désirs consuméristes. En face, le temps libre (et non de loisirs), c'est la révolution en marche ! Et en plus, notre mental adore routines et addictions sous prétexte que ça le sécurise (suivez mon regard vers votre smartphone). Voir les nombreuses vidéo très instructives du neuro-psy Albert Moukheiber.
Travailler à être roseau, souple et solide. Et cela passe par prendre soin de nous, de notre corps, j'y reviens. Mais c'est notre machine de base, notre véhicule dans le voyage de notre vie, là où naissent nos sensations, notre intuition ( "je le sens"). C'est une artiste qui s'est cassée le bras qui vous écrit...
Bref, n'ayez pas honte de ne rien faire, c'est déjà énorme par la posture, et , comme disent les informaticiens, "ça travaille en fond d'écran". Bref, en convalescence. Ne brusquez pas la machine... Confiance et patience.
« La lumière du corps c’est l’œil, si donc ton œil est unique, tout ton corps sera plein de lumière » (Évangile selon Mathieu 6,22)
Ajoute à cette spiritualité occidentale, un ajout complémentaire et bien utile de la spiritualité orientale … l’œil unique / l’œil spirituel ou bien le Kutasha Center (la porte de l’âme).
Les réponses à nos questionnements les plus profonds nous ont été laissées en héritage…
Tu pourras comprendre que la lumière de l’inspiration qui te guide sur ton chemin se trouve finalement dans le silence, le calme lorsque l’agitation mentale est maitrisée et se tait…
La méditation est alors un allié précieux, sinon la seule et unique voix dans cette quête de réponse, de lumière.